La citation de la semaine

Dans ce nouvel extrait de « prends chez toi Marie, ton épouse » (Anneau d’Or N° 123-124. Mai-août 1965), le père Caffarel montre, à partir des évangiles et des travaux des Pères de l’Église, que le mariage est véritable et parfait.

Semaine 18 2-8 mai 2021

 le mariage entre Joseph et Marie ne peut être que véritable

L'Annonciation est, dans l'ordre chronologique, le premier événement qui mette en cause Joseph et Marie : « Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David ; et le nom de la vierge était Marie » (Lc 1, 26-27). Ainsi, dès son entrée dans l'histoire, Marie est désignée comme vierge-fiancée. Mais, sous peine de contresens grave, il faut savoir que les fiançailles juives étaient un vrai mariage, à l'exclusion de la cohabitation et des rapports conjugaux (néanmoins, l'enfant conçu par les fiancés était légitime), à telle enseigne qu'une fiancée infidèle pouvait mériter le châtiment de l'adultère : la lapidation ; que le fiancé devait faire une déclaration de divorce s'il voulait se séparer d'elle, et qu'elle-même devenait veuve si son fiancé mourait.

Marie, comme toute femme juive, avait donc décidé d'entrer dans l'état conjugal. Mais son mariage revêtirait un caractère particulier : elle avait résolu, en accord avec son fiancé, de garder la virginité. C'est en ce sens, en effet, que la quasi-unani­mité des exégètes interprètent sa réponse à l'ange qui lui annonce la conception miraculeuse : « Voici que tu concevras et enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus » —Marie dit à l'ange : « Comment cela se fera-t-il puisque je ne “connais” pas d'homme ? » Lc 1, 31.34).

Qu'elle soit mariée avec Joseph, cela ne lui paraît pas incompatible avec l'annonce de l'ange, bien au contraire. Elle comprend que son mariage est la condition requise pour le projet divin. Une vierge-mère, seule dans son destin, serait dans une situation impensable, indigne d'elle, indigne de Dieu. En revanche, sa virginité paraît à Marie inconciliable avec le propos de l'ange. Mais celui-ci la rassure aussitôt : « L'ange lui répondit : « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi l'en­fant sera saint et sera appelé Fils de Dieu » (Lc 1, 35). Et voici qu'est dévoilée à Marie, non seulement la raison d'être de sa virginité — cet enfant doit être conçu par la seule intervention de Dieu — mais aussi la signification de son mariage : il acquiert, dans la fécondité miraculeuse due à la puissance divine, une réalité et une excellence qui semblaient exclues par l'absence des relations charnelles.

Et quand Marie répond à l'ange : « Je suis la servante du Seigneur, qu'il m'advienne selon ta parole », c'est à la fois sa virginité et son mariage qu'elle met à la disposition de Dieu.

Tout le récit de l'Annonciation, et tout le dialogue qu'il rap­porte, suppose et manifeste donc que le mariage entre Joseph et Marie ne peut être que véritable. Le message de l'ange — et le dessein de Dieu — ne se comprend qu'à cette condition.

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