La citation du jour

 Nous fêterons le 7 juin la sainte Trinité. Nous vous proposons tout au long du mois, au rythme d’un par semaine, des extraits d’un texte rédigé en 1967 par le père Caffarel sous le titre « un seul Dieu tu adoreras ».

► 31 mai 2020. Pentecôte
Le Dieu des chrétiens, c’est le Dieu-Trinité.

Le Dieu des chrétiens, c’est le Dieu-Trinité. Le Dieu, dont la vie intime était insoupçonnée des hommes, aussi bien des philosophes et des fondateurs de religions que des êtres les plus simples, avant que Jésus-Christ ne la révèle.

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Aussi bien, qui se veut vrai disciple de Jésus-Christ doit s’efforcer de connaître toujours mieux le mystère primordial afin d’y adhérer, de l’aimer, d’en vivre et de le faire connaître.

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Je voudrais donc essayer de vous faire entrevoir quelque chose du mystère trinitaire. Et je m’appuierai sur des réalités humaines qui vous sont familières : la paternité et l’amour conjugal.

Le Père

Si Dieu existe, c’est un vivant. Le Dieu vivant. Et quelle est la plus haute manifestation de la vie : l’amour. Ce n’est ni la vie végétative, ni l’activité physique, ni même la vie intellectuelle.

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Il est un amour privilégié entre tous. Alors que tous les autres amours consistent à enrichir et combler un être déjà existant, celui-ci consiste d’abord à faire exister, à donner la vie en se donnant : l’amour paternel.

Si Dieu aime et s’il se donne, puisqu’en dehors de lui rien n’existe, ce ne peut donc être qu’à un être qu’il fait surgir dans l’existence. S’il aime, c’est d’un amour paternel. Il est Père, parfaitement Père, lui qui donne l’être, qui appelle à l’existence, qui communique sa vie et non pas en donnant quelque chose de soi mais soi-même, tout soi-même, et en plénitude. Aussi bien le Fils est-il tout semblable à son Père : la puissance, la sainteté, la gloire divines resplendissent en Lui.

Mais Dieu n’est pas comme les pères de la terre. L’acte par lequel il engendre son Fils est un acte éternel. Le Père est une Source éternellement jaillissante (plenitudo fontalis). L’homme, lui, se fatigue d’aimer, de se donner : Dieu fait à son Fils un don sans réserve, sans intermittence.

Et se donner, pour Dieu comme pour l’homme d’ailleurs, ce n’est pas se perdre, annihiler sa personnalité, c’est au contraire, en se donnant, se trouver, s’affirmer : la source n’existe qu’en jaillissant. Dieu-Père ne réserve rien pour soi. Il ne se possède que pour se donner. Mieux, ce n’est qu’en se donnant qu’il se possède. C’est en engendrant son Fils qu’il est Père.

Et la perfection du Père réside en cet amour, en cette initiative d’amour qu’est la génération. Sa perfection est la perfection de son amour donnant. Un mot désigne cette perfection : générosité. La première personne en Dieu est la générosité même, la générosité personnifiée, la générosité en personne.

[…]

Je résume en une formule brève tout ce que je viens de vous dire du premier aspect, du premier visage de l’amour de Dieu : « Aimer c’est se donner – sans réserve, sans intermittence – dans un élan de générosité joyeuse ».

(À suivre)

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