Citations du Père Henri Caffarel

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Nous vivons en ce moment un Carême totalement inédit, qui pourrait même, selon certaines estimations, durer plus de quarante jours.

À côté des nombreuses propositions des diocèses, des paroisses et des mouvements, les Équipes Notre-Dame vous suggèrent de mettre à profit ce temps de retraite pour mieux connaître la pensée du père Caffarel, fondateur de notre mouvement.

► 9 avril 2020 : Jeudi Saint
Le foyer chrétien est donc, comme l’église, la demeure d’un Sacrement. 
H. Caffarel

Un passage de l’Encyclique de Pie XI nous encourage à rapprocher le Sacrement de Mariage de l’Eucharistie. Celle-ci, en effet, est Sacrement lorsque le prêtre prononce les paroles de la consécration, et reste Sacrement tant que durent le pain et le vin consacrés. De même le mariage est un Sacrement quand les deux « oui » s’échangent et le reste tant que vivent les époux. C’est un Sacrement permanent.

Que de conséquences intéressantes à tirer de cette doctrine ! Le foyer chrétien est donc, comme l’église, la demeure d’un Sacrement. Trop de chrétiens l’ignorent. Ils ne connaissent que le chemin de l’église pour aller chercher la grâce. Il est bien vrai que Jésus-Christ, substantiellement présent sous les apparences du pain, les y attend, et que l’Eucharistie est le grand sacrement vers lequel convergent tous les autres. Mais il n’est pas moins vrai que les époux devraient déjà puiser la grâce au plus profond de leur union, où Jésus-Christ les attend aussi pour se donner à eux.

L’Anneau d’Or – « Le Mystère de l’Amour »  Numéro spécial dédié aux prisonniers et déportés rendus à leurs foyers.

► 8 avril 2020 : Mercredi Saint
Ainsi, les saints éprouvent-ils le désir ardent du bonheur, de la gloire de Dieu. H. Caffarel

Mais il faut aller plus profond encore dans l’intelligence de la pénitence, et pour cela, partir de ce sentiment qui en nous domine tous les autres quand nous aimons : « Je le veux heureux, je le veux heureux à tout prix. Et pour cela je n’épargnerai rien, je ne m’épargnerai pas. » Ainsi, les saints éprouvent-ils le désir ardent du bonheur, de la gloire de Dieu. La Sainte Trinité, il est bien vrai, possède un bonheur, une gloire intime auxquels ils ne peuvent rien ajouter, ni retrancher. Mais il dépend d’eux que cette gloire éclate dans la création, et d’abord dans leur vie tout entière. Il dépend d’eux aussi, pour une part, qu’elle soit manifestée en leurs frères. L’ami de Dieu est précisément un passionné de la gloire de Dieu. S’il lui arrive, à lui, tout à coup, de défaillir, de compromettre en quelque sorte par son péché la « réputation » du Seigneur, — comme d’une certaine manière l’œuvre manquée compromet la gloire de l’artiste, — quel déchirement : Voilà qu’il a préféré ses intérêts aux intérêts de Dieu ! Avec un cœur meurtri, avec un amour renouvelé, avec une volonté acharnée, il va entreprendre à nouveau de travailler à la gloire du Seigneur. En lui surgit le besoin de réparer sa faute, de rattraper en humilité et en pénitence ce qui a été perdu en fidélité. Un désir impérieux, irrésistible comme un torrent qui déborde, de prendre sa revanche, d’affirmer avec d’autant plus de force et non pas une fois, mais tous les jours, et toute sa vie, que vraiment Dieu est le « préféré ». « Pas à moi, Seigneur, pas à moi, mais à ton Nom seulement, donne la gloire ! » (Ps CXIII).

L’Anneau d’Or – Numéro 30  – Novembre – Décembre 1949 La  PÉNITENCE

► 7 avril 2020
N'oubliez pas que la Passion précède la Résurrection, que la joie est le fruit de la Croix.
 H. Caffarel

Il ne faudrait tout de même pas oublier les paroles du Christ : « Si quelqu’un veut faire route derrière moi, qu’il se renonce, qu’il se charge de sa croix chaque jour et qu’il me suive ! » (Luc, IX, 23), ni celles-ci de Saint-Paul : « Oui, tandis que les juifs veulent des miracles et que les Grecs sont en quête de sagesse, nous prêchons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les Gentils. » (I Cor., I, 22-23)

L’équilibre chrétien est exprimé par le binôme paulinien : Mort-Résurrection. Sitôt qu’on élimine ou sous-estime l’un de ces deux termes, on gauchit la spiritualité chrétienne.

Vous avez bien raison de vouloir présenter aux non-croyants le visage joyeux et fort de l’amour et de la foi. Mais alors n’oubliez pas que la Passion précède la Résurrection, que la joie est le fruit de la Croix. « Celui qui ne prend pas sa croix chaque jour », entendez celui qui ne mortifie pas sans relâche un égoïsme toujours renaissant, qui n’accueille pas les souffrances, petites ou grandes, comme des ouvrières de purification, n’offrira jamais le spectacle d’un amour rayonnant, d’une religion séduisante.

ÉQUIPES NOTRE-DAME Lettre mensuelle n° 3 Mars 1948 CROIX ou JOIE ?

► 6 avril 2020 : Lundi Saint 
Voici le carême, temps de pénitence… Votre foyer fera-t-il sa place à la pénitence ?
 H. Caffarel

Voici le carême, temps de pénitence… Votre foyer fera-t-il sa place à la pénitence ? Avez-vous le sens de la pénitence chrétienne et le souci de le faire acquérir à vos enfants ?[…]
« Puissante est la souffrance lorsqu’elle est aussi volontaire que le péché » (Claudel – Annonce faite à Marie).

« Le Christ sera en agonie jusqu’à la fin du monde – il ne faut pas dormir pendant ce temps-là. » Le carême est précisément le temps de la Passion du Seigneur. Le laisserez-vous seul ou aurez-vous le souci de l’entourer ? Pourquoi dans toutes les familles chrétiennes ne prendrait-on pas l’habitude de lire la Passion du Seigneur, pendant ces semaines qui nous acheminent vers sa mort et sa Résurrection ? Le récit ne devrait-il pas en être familier à nos enfants ? Parler de pénitence et de sacrifice, sans montrer le Seigneur pénitent et sacrifié, c’est mal présenter les choses. Mais si la pénitence est compassion aux souffrances du Maître, association à son œuvre rédemptrice, acceptation comme Simon le Cyrénéen de porter la part de croix qu’Il nous réserve, alors faire pénitence, mettre la part du sacrifice dans leur vie, pour les parents et les enfants, ce n’est plus une gymnastique spirituelle, mais cela répond à l’exigence de cœurs qui aiment vraiment, qui veulent soulever la croix accablant le Christ et travailler avec lui au salut du monde.

GROUPE NOTRE-DAME DES FOYERS
Paris, le 1er Mars 1946

5 avril 2020 : Dimanche des Rameaux
Une foi qui ne se ressource pas dans ces pages demeurera toujours exsangue. H. Caffarel

Permettez-moi de vous faire remarquer que, dans la vie du Christ, il y a une période privilégiée, où son message au monde s’exprime avec une intensité et un éclat exceptionnels : elle commence le Jeudi-Saint et s’achève au soir de Pâques. Le récit évangélique de ces journées possède une vertu extraordinaire que bien des fois j’ai expérimentée, tant auprès des enfants du catéchisme que des adultes.

Pourquoi faut-il que des familles chrétiennes du XX° siècle ne lisent plus jamais ce récit de la Passion et de la Résurrection du Christ (si, le dimanche des Rameaux, à toute allure…) Au siècle passé, si nous en croyons les vieux Livres de raison, cette lecture était fréquemment faite, à la veillée, par le père, à toute la famille rassemblée.

Comme je souhaiterais que tous les foyers des Équipes Notre-Dame renouent avec cette vieille tradition et souvent en cours d’année, à plus forte raison en carême – père, mère, enfants unis dans le même amour du Christ – relisent le grand Récit, ces vingt pages qui pèsent plus que toutes les bibliothèques de la terre.

Une foi qui ne se ressource pas dans ces pages demeurera toujours exsangue. Une formation religieuse des enfants qui ne les met pas en contact avec le grand Mystère sera toujours en porte-à-faux.

LETTRE MENSUELLE DES ÉQUIPES NOTRE-DAME
V° année, n° 7 - avril 1952

► 4 avril 2020
Prière et action sont solidaires : la prière conduit à l'action, l'action ramène à la prière. Il faut vivre sa prière. Il faut prier sa vie. Henri Caffarel

Et d'abord, c'est un fait d'expérience, la prière vraie oriente vers l'action. Si ton amour pour Dieu s'approfondit dans l'oraison, comment ne serais-tu pas travaillé par le désir grandissant que vienne le Règne de celui que tu aimes ? […] Et comment n'éprouverais-tu pas le besoin de puiser dans l'oraison lumière et force pour mener à bien ton action ? Peu à peu, dans l'oraison, tu acquerras le regard de Dieu sur les hommes et sur les événements. Et l'amour, que tu puiseras à sa source divine, sera le moteur de ton action. Tu deviendras artisan de justice, de paix et d'unité.

Si l'oraison conduit à l'action, à l'inverse l'action ramène à l'oraison. Il est sûr que par les hommes et par les événements Dieu parle. Mais tant que son langage n'a pas été médité à l'oraison, il reste souvent très incertain. […] L'oraison, c'est aussi l'heure de rendre compte du travail accompli, et d'interroger la volonté de Dieu sur les tâches à poursuivre ou à entreprendre.

Cahiers sur l’Oraison, n° 224, mars-avril 1989

► 3 avril 2020
Si le Christ est vivant en vous, il y est priant. Car pour le Christ, vivre c'est d'abord prier. Henri Caffarel

Rejoignez-le ; saisissez, appropriez-vous sa prière. Ou plutôt — car les termes que je viens d'employer appuient trop sur votre activité à vous — laissez cette prière vous saisir, vous envahir, vous soulever et vous entraîner vers le Père. Je ne vous promets pas que vous la percevrez ; je vous demande seulement d'y croire et, en cours d'oraison, de lui donner, de lui renouveler votre pleine adhésion. Cédez-lui la place, toute la place. Qu'elle puisse s'emparer de toutes les fibres de votre être, comme le feu qui pénètre le bois et le rend incandescent.


Prier, c'est exaucer la demande que le Christ nous adresse : « Prête-moi ton intelligence, ton cœur, ton être tout entier, tout ce qui en l'homme est susceptible de devenir prière, afin que je puisse faire surgir de toi la grande louange du Père. Suis-je venu pour autre chose que pour allumer le feu sur la terre et qu'il se communique de proche en proche, transformant tous les arbres de la forêt en torches vives ? Ce feu est ma prière, Consens au feu ».

 
Présence à Dieu. Cent lettres sur la prière, p. 108

► 2 avril 2020
Dès le début de l'oraison, je vous invite à entrer en relation personnelle avec le Christ. 
Henri Caffarel

[…] Cette relation profonde, je l'appelle relation « Je-Tu ». C'est l'essence de l'oraison. Elle est présence à Jésus Christ présent à moi. Je dis Jésus Christ plutôt que Dieu, parce que c'est par lui et en lui que Dieu entre en rapport avec nous et nous avec lui. C'est tout autre chose que de seulement penser au Christ. […] La relation Je-il — qui n'est pas à proprement parler une relation — est celle de l'homme qui étudie, non celle de l'homme qui prie. Souvent il faut peiner pour actualiser cette relation Je-Tu avec le Christ. […] Et pourtant cette relation Je-Tu est en nous depuis le baptême, mais enfouie. Il s'agit de l'éveiller, de la dégager, de l'approfondir.

Vous y parviendrez, peu à peu, en prenant le pli de vous adresser au Christ directement, dès le début de l'oraison : « Seigneur, je le sais, tu m'attends et tu m'entends ;  tu me regardes avec un ardent amour », « Je suis sûr que tu te réjouis de ma venue », « Je crois que tu me veux heureux au cours de cette rencontre... », « Fais-moi comprendre ce que tu en attends... » L'oraison sera alors relation vivante avec le Christ.

Cahiers sur l’Oraison, n° 223, janvier-février 1989

► 1er avril 2020
Vous voulez apprendre à prier ? Recherchez donc la connaissance du Christ. Henri Caffarel

Je ne parle pas d'une connaissance purement intellectuelle, mais d'une connaissance pour aimer de foi et d'amour. Et d'abord, croyez fermement que le Christ n'est pas un personnage perdu dans les brumes de l'histoire, mais un vivant, le Vivant, qui se tient à votre porte et qui frappe, comme il le dit lui-même. C'est de ce Christ-là, de ce Christ tourné vers vous, et qui veut nouer des relations personnelles avec vous, qu'il faut entreprendre de chercher ce qu'il pense et veut de vous, ses sentiments à votre égard. 


Pour ne pas vous égarer dans la spéculation ou les illusions, un seul moyen : empoigner votre Évangile et ne plus le lâcher, et chercher, chercher inlassablement. Peu à peu, avec une netteté croissante, le vrai visage du Christ se présentera à vous et, sa grâce aidant — car il est plus pressé encore de se faire connaître que vous de le connaître — vous découvrirez les « insondables richesses » de son amour, dont parle saint Paul.

Présence à Dieu. Cent lettres sur la prière, p.90

31 mars 2020
L’essentiel de l’oraison est dans le « Je veux », c’est-à-dire dans l’adhésion de ma volonté à la volonté de Dieu. Henri Caffarel

Ce qui revient à dire que l’oraison n’est pas affaire d’attention, ni de sensibilité, ni d’activité intellectuelle. Elle consiste en cette orientation que j’imprime volontairement à mon « cœur profond », à mon « cœur nouveau ». […] Il importe avant tout, au commencement de l’oraison, que soit réglé le « pilote automatique », c’est-à-dire le « je veux », par un acte de volonté lucide et vigoureux. 


Il est nécessaire de concrétiser par des mots cette orientation de ma volonté profonde vers Dieu : je dirai, par exemple, « Seigneur, je veux de cette oraison, ce que Tu en veux », « Seigneur, je veux rester exposé à ton regard, comme on s’expose au soleil… ». Tant que je ne me rétracte pas, - et, quoi qu’il en soit des incidents de parcours, distractions, somnolences… - ma prière persiste portée par l’intention du départ. Aussi n’ai-je jamais le droit de penser : « Mon oraison a été mauvaise », ou « je n’ai pas prié », du moment qu’au début, j’ai réglé le « pilote automatique », et qu’en cours de route, de temps en temps, j’ai réaffirmé le « je veux » du début.

Cinq soirées sur la prière intérieure, p. 28-30

► 30 mars 2020
Le seul vrai motif de l'oraison est celui-ci : Dieu est là et il m'attend.
Henri Caffarel

Dieu, Dieu, Dieu : ce simple mot doit remplir ma pensée et mon être. Que mes soucis, mes joies, mes occupations, fondent et disparaissent devant sa Présence. Je n'existe, je ne l'aime que par son existence et son amour. Je ne m'anéantis pas, mais je m'oublie totalement devant lui. Amour gratuit, désintéressé, ouverture sans repli sur soi, telle est la motivation fondamentale qui doit conduire à l'oraison.

Cette motivation se nuance différemment selon l'aspect du visage de Dieu que je contemple. Affronté à l'infinie Majesté de Dieu, le Seigneur du Ciel et de la Terre, le Tout-Puissant, j'adore. C'est le geste initial et fondamental de l'oraison. Mais ce Dieu adorable est aussi mon Père. Devant ce Père d'infinie tendresse, mon adoration se pénètre d'une confiance filiale sans réserve.

Si je m'adresse au Christ, je saurai voir et adorer Dieu en lui, sinon je mériterai la réprimande de Jésus à l'apôtre Philippe : « Voyons, Philippe, depuis si longtemps que tu vis avec moi, tu ne sais donc pas que celui qui me voit voit aussi Dieu, mon Père ? » (Jn 14, 9).

Cinq soirées sur l’oraison, p. 60-61

► 29 mars 2020
Pourquoi vous fatiguer à poursuivre Dieu comme s'il était extérieur à vous ? Il est en vous, au cœur de votre être. Présent, vivant, aimant, actif. Henri Caffarel

Là il vous appelle. Là il vous attend pour vous unir à lui.

Dieu est là, mais c'est nous qui n'y sommes pas. Notre existence se passe à l'extérieur de nous-mêmes, ou du moins à la périphérie de notre être, dans la zone des sensations, émotions, imaginations, discussions... dans cette banlieue de l'âme, bruyante et inquiète. Et s'il nous arrive, de désirer rencontrer Dieu, nous sortons de nous-mêmes, nous le cherchons au-dehors, alors qu'il est au-dedans.

Nous ignorons les sentiers de notre âme qui nous conduiraient en la crypte souterraine et lumineuse où Dieu réside. Ou, si nous les connaissons, nous manquons de courage : se rendre au centre de soi-même, serait-ce une entreprise si ardue.

L'oraison, c'est quitter cette banlieue tumultueuse de notre être, c'est recueillir, rassembler toutes nos facultés et nous enfoncer  vers la profondeur de notre âme. Là, au seuil du sanctuaire, il n'est plus que de se taire et de se faire attentif. Il ne s'agit pas de sensation spirituelle, d'expérience intérieure, il s'agit de foi : croire en la Présence.

Cahiers sur l’Oraison,  n° 223, janvier-février 1989, p. 6-7

► 28 mars 2020
Vos enfants n'ont pas demandé à naître.
Henri Caffarel

Vous avez pris la responsabilité de les lancer dans la terrible aventure de la vie, dont l’enjeu est leur destin éternel. Avez-vous vraiment conscience de cette responsabilité ? Ignoreriez-vous que les forces du mal les guettent et qu’ils ont un impérieux besoin du secours divin ? Oublieriez-vous que « si le Seigneur lui-même ne bâtit la maison, c’est en vain que travaillent ceux qui la construisent ; si le Seigneur ne défend la cité, c’est en vain que veille celui qui la garde » ?

Je voudrais que vous trembliez un peu plus pour l’avenir spirituel de vos enfants et que vous sentiez cruellement votre impuissance. Peut-être qu’alors, regardant la vie du Christ, vous comprendriez ce que c’est d’avoir charge d’âmes et que travailler au salut des siens c’est d’abord prier pour eux. Je parle de la prière vraie qui est violente, hardie, importune, acharnée, inconfusible. Qui est combat avec Dieu : comme Jacob au gué de Jabok, comme Epaphras, dont saint Paul écrit aux Colossiens : « Il ne cesse de lutter pour vous dans ses prières » (Col 4,12). Vous entendez ? Prier c’est lutter.

L’Anneau d’Or, n. 83, septembre-octobre 1958

27 mars 2020
Pères, savez-vous ce qui manque le plus à vos enfants ? [...] 
Henri Caffarel

Ce […] qui leur manque si souvent, c’est que vous priiez pour eux, vous leurs pères.

Dans leurs combats, et ce n’est pas sans combat qu’un enfant, un adolescent, fait peu à peu la conquête de sa personnalité, ils sont rarement privés de conseils —vous n’en êtes pas avares —mais il leur manque que leur père, comme Moïse lorsque ses hommes luttaient dans la plaine, soit en prière sur la montagne.
[…]
Oui, je crois pouvoir affirmer que dans la plupart des foyers chrétiens il manque aux enfants la prière de leur père - et j’entends par prière autre chose que ces formules hâtivement récitées le soir avant de se coucher, mais bien un tête-à-tête prolongé avec le Seigneur, une intercession ardente. Je sais vos objections: «Pas le temps», me disent les uns. Comme si vous ne preniez pas le temps de soigner vos enfants, de vous lever la nuit quand leur santé est en jeu, et de faire tant de choses qui ont un bien moindre degré d’urgence ! D’autres me lancent une objection théologique : « Dieu sait ce dont ils ont besoin, je n’ai pas à le lui apprendre ». Qu’ils m’expliquent alors pourquoi Moïse, Job, le Christ priaient pour ceux dont ils avaient la charge.

L’Anneau d’Or, n. 83, septembre-octobre 1958

► 26 mars 2020
Votre foyer rendra témoignage à Dieu de façon plus explicite encore s'il est l'union de deux chercheurs de Dieu selon l'admirable expression des psaumes. Henri Caffarel

Deux chercheurs, dont l’intelligence et le cœur sont avides de connaître, de rencontrer Dieu, de lui être unis, parce qu’ils ont compris que Dieu est la grande réalité, parce que Dieu les intéresse plus que tout. […]

Un tel foyer est un lieu de culte. Non seulement, en ce sens que les époux sont ses adorateurs en esprit et en vérité, que leurs enfants sont élevés pour être eux-aussi des adorateurs, mais en ce sens également que cet élan d’adoration oriente les cœurs et toutes les tâches à longueur de journée.

Le foyer chrétien est cette Église en réduction dont parlait saint Jean Chrysostome […]. Tous les autres lieux de culte seraient-ils fermés, désaffectés, détruits, comme en certaines régions du monde, la famille chrétienne reste la demeure de Dieu parmi les hommes. Et parce que Dieu y demeure, c’est un lieu où Dieu agit […]. C’est une histoire sainte que l’existence d’un foyer chrétien parce que c’est une histoire conduite par Dieu.

Les Equipes Notre-Dame face à l'athéisme, Rome, 5 mai 1970 

► 25 mars 2020
Aussi, est-ce bien auprès de Marie que les foyers chrétiens apprendront à prononcer une première fois, et puis toute leur vie, le OUI qui est l’âme de leur amour. Henri Caffarel

Toute la vie de la Vierge-Mère, engagée par le OUI de l’Annonciation, fut une continuelle ascension d’amour. Aussi, est-ce bien auprès d’elle que les foyers chrétiens apprendront à prononcer une première fois, et puis toute leur vie, le OUI qui est l’âme de leur amour. C’est  Marie, l’humble servante du consentement, qui apprend à leurs âmes comment on redit et comment on vit chaque jour le OUI du premier jour.[…]

L’amour n’est vrai que s’il persévère. Plus encore : il n’est vrai que s’il grandit, s’il devient plus pur et plus absolu. Sa perfection n’est pas dans l’allégresse de ce OUI printanier que les lèvres échangèrent une première fois ; elle est dans la plénitude alourdie de ses fruits, au tard de la saison, après bien des travaux, des peines et des lassitudes. Ce sont les OUI de la vieillesse au soir d’une vie de fidélité, qui expriment le consentement parfait de deux êtres l’un à l’autre et parachèvent cette union qui en est l’œuvre et la récompense.

LA VIERGE AU FOYER, L’Anneau d’Or, Numéro spécial «Le Mystère de l’Amour», n. 2-3-4, 1945


► 23 mars 2020
L'amour est inventif !
Je voudrais que vos équipes de secteur, vos équipes soient inventives !

Henri Caffarel au Rassemblement des Responsables de Secteur et Responsables d'Equipe à Versailles en 1969